Ai-je des chauves-souris chez moi ?

Parce que les chauves-souris sont des animaux opportunistes et très inféodés aux aménagements artificiels, ambulance nous sommes tous susceptibles d’en héberger chez nous, ed la plupart du temps sans même nous en rendre compte. Où se cachent-elles ? Que recherchent-elles comme abri ? Quels sont les endroits qu’elles privilégient et pourquoi ? Peuvent-elles créer des nuisances ? Leur présence représente t-elle un danger pour la santé ? Vastes sujets que voilà, viagra approved auxquels cet article va tenter de répondre.

Tout d’abord, il est important de se rassurer en comprenant bien que la présence de chauves-souris chez soi, sauf cas exceptionnels, n’a pas lieu d’engendrer de problème insurmontable. D’ailleurs, quand on ne sait même pas qu’elles sont là –ce qui est le cas la plupart du temps-, c’est bien parce qu’elles qu’elles ne créent aucun désagrément remarquable. Ainsi, ça n’est pas parce que soudainement on découvre leur présence qu’elles vont se mettre à devenir du jour au lendemain un soucis… Ceci dit, quand elles commencent à former des colonies vraiment populeuses, parfois bruyantes, au sein même des maisons d’habitation où bien sûr l’accumulation importante de déjections peut rapidement devenir un problème (dans la cloison d’un mur par exemple), il est légitime de se tracasser.

Entendons nous bien : je ne parle pas ici des désagréments très limités que peuvent créer quelques individus, mais bel et bien d’invasions de plusieurs dizaines voire centaines de chauves-souris ! Un phénomène très rare nullement comparable à ce dont certains parfois se plaignent « un peu vite », à cause simplement de cinq ou six pipistrelles couinant sous des tuiles, ou faisant leurs besoins sur un rebord de fenêtre. Cette idée de juste proportion des choses et d’objectivité est très importante, car si trouver des solutions concrètes aux désagréments causés par la présence d’une très grosse colonie est une évidence, ça l’est moins quand on a simplement affaire à un problème d’intolérance aussi exagéré que totalement injustifié.

Petit Rhinolophe avec son petit

Vous avez un soucis de cohabitation avec des chauves-souris ? Pas de panique ! Ne faites rien de votre propre chef, et contactez plutôt l’association naturaliste la plus proche de chez vous (la LPO par exemple), car il existe toujours des solutions !

Réfléchir avant d’agir, et se renseigner avant toute chose.

En cas de soucis de cohabitation, il existe toujours des solutions : tendre une bâche sous une colonie présente en été dans son grenier par exemple, afin d’en récupérer le guano. Non seulement cela évitera de tout salir, mais en plus le guano de chauve-souris étant un fabuleux engrais (hors de prix dans le commerce), on pourra profiter de ses vertus dans le jardin. Quoi qu’il en soit, si la présence de chauve-souris vous pose un soucis, quel qu’il puisse être, le plus simple reste de contacter une association naturaliste locale (la LPO par exemple, ou sinon voici une liste de contacts locaux à laquelle se référer pour trouver la personne la plus proche de chez vous à même de vous renseigner : http://www.sfepm.org/SOSChiropteres.htm). Un technicien ou un bénévole viendra alors identifier la ou les espèces présentes chez vous, les éventuelles nuisances, et vous proposera si nécessaire les solutions les plus adaptées à votre situation. A noter, pour finir, que les chauves-souris sont des espèces protégées sujettes à de nombreuses mesures règlementaires (loi 76-629 du 10 juillet 1976 relative aux espèces protégées, arrêté ministériel du 16 décembre 2004 relative aux habitats des espèces protégées, convention de Berne de 1979, la directive habitats 92-43 CEE du 21 mai 1992, la convention de Bonn de 1982). Leur porter atteinte, à elles comme à leurs milieux de vie, de quelque manière que cela soit, est donc strictement prohibé et puni par la loi.

La présence d’une colonie de chauves-souris est en fait plutôt le gage d’un environnement sain, ce qui est somme toute plutôt flatteur à l’égard de celui ou de ceux qui l’entretiennent ! De plus, les chauves-souris sont des prédateurs naturels terriblement efficaces, elles contribuent à rendre largement plus agréables les belles soirées d’été en limitant la présence des moustiques par exemple (une colonie de pipistrelle peut dévorer plus de 15kg de ces insectes en un été, soit jusqu’à 3000 insectes par nuit et par chauve-souris, quand même !), ou encore en consommant nombre de ravageurs dont on se passerait bien dans les potagers (la spécialité des barbastelles). Pour l’anecdote, de plus en plus de producteurs de fruits installent aujourd’hui des nichoirs dans leurs vergers afin de favoriser la présence régulière des chauves-souris, et ainsi lutter de façon parfaitement écologiques contre les ravageurs (sans parler des économies réalisées du même coup en achats de pesticides).

Chiro15

La barbastelle d’Europe est une espèce fissuricole qui apprécie particulièrement le contact du bois. On la trouvera donc surtout dans les linteaux, les mortaises de charpentes, parfois derrière les volets.

Pour finir, histoire de taire les nombreux préjugés les concernant : non, les chauves-souris ne sont pas des rongeurs, elles ne grignotent ni les câbles, ni le bois des charpentes, ni le plâtre des murs, ni les isolants. Non, les chauves-souris ne se prennent pas dans les cheveux, elles ne sucent pas le sang. Non, elles ne construisent pas de nid et ne ramènent aucun matériau dans leur gites (brindilles, papier, ou autre). Non elles ne sont pas en mesure de proliférer du jour au lendemain vu qu’elles n’ont qu’un seul petit par an. Oui, par contre, elles peuvent être porteuses de certaines maladies, dont la rage, mais guère plus que ne le fait déjà n’importe quel autre mammifère sauvage. En outre, la souche spécifiquement véhiculée par les chauves-souris n’est pas celle de la rage à proprement dit (rage vulpine), mais une souche apparentée qui est connue jusqu’à présent pour très mal se transmettre à l’homme (plus d’informations sur la rage et les chauves-souris). A noter, pour finir sur ce sujet des maladies, que depuis 1989 seules 13 chauves-souris européennes ont été confirmées comme étant effectivement porteuses de ce virus en France sur une population totale estimée à plus de 50 millions d’individus.

Lorsqu'une colonie de chauves-souris s'installe dans un bâtiment ou une habitation, c'est aussi pour profiter de ce qui se trouve à proximité : des terrains de chasse

Lorsqu’une colonie de chauves-souris s’installe dans un bâtiment ou une habitation, c’est aussi pour profiter de ce qui se trouve à proximité : des terrains de chasse

L’importance de l’environnement direct des habitations.

Si des chauves-souris se mettent à investir un bâtiment, a fortiori de façon régulière, c’est parce que ses caractéristiques conviennent à leurs besoins d’hébergements diurnes, mais aussi parce que les environs sont propices à leur principale activité nocturne : la chasse. La superficie des environs en question est très variables selon les espèces, certaines restant aux abords relativement immédiats de leur colonie en été (pipistrelles), tandis que d’autres n’ont au contraire aucun complexe à prospecter un territoire beaucoup plus vaste (les rhinolophes, beaucoup de murins).

C’est en quelque sorte la capacité qu’aura cet environnement à « produire » et à accueillir la nourriture de prédilection de chaque espèce de chauve-souris qui guidera leur choix vers tel ou tel bâti. En ville, il y a beaucoup de lumière la nuit et peu d’espaces naturels à proximité, on n’y rencontrera donc que peu d’espèces d’insectes et dans des proportions très limitées, idem dans les régions à l’agriculture intensive où les boisements et les haies ont cédé la place aux open fields et aux monocultures céréalières, la lumière en moins… Conclusion, même s’il y a du bâti favorable, il est peu probable d’y trouver des chauves-souris, hormis des espèces peu regardantes comme les pipistrelles.

Dans les villages ou au pourtour des villes, la nature est plus proche, on trouvera plus de zones de chasses favorables à proximité, et donc plus de chauves-souris. Dans les hameaux, au cœur des campagnes, le phénomène est évidemment encore plus amplifié. La proximité d’une zone forestière va augmenter les chances de trouver dans le bâti des espèces préférant chasser dans ce type de milieu, comme les grands murins, les murins de Natterer, ou les oreillards. Idem s’il y a un plan d’eau tout près : les chances de trouver du murin de Daubenton seront plus importantes. La proximité de telle ou telle activité agricole peut elle aussi avoir un rôle : parce que la concentration de bétail va accentuer la présence d’insectes bien spécifiques (des mouches, mais aussi des coléoptères coprophages comme des bousiers), il y aura plus de chance de trouver à proximité des animaux comme du grand rhinolophe ou du murin à oreilles échancrées.

Il va sans dire, pour finir, que la façon dont est gérée la nature à proximité de gîtes potentiels joue elle aussi un rôle fondamental : si un usage excessif de pesticides met par exemple à mal les populations d’insectes d’une zone donnée, la présence de prédateurs s’en trouvera d’autant plus limitée !

Une colonie de Petits Rhinolophes au plafond d'une ancienne minoterie en cours de rénovation.

Une colonie de Petits Rhinolophes au plafond d’une ancienne minoterie en cours de rénovation.

Les grands critères d’un bâti favorable aux chauves-souris.

Chaque espèce de chauve-souris a tout d’abord ses préférences quant à la nature des accès à un bâti : les grands rhinolophes et les murins à oreilles échancrées vont par exemple privilégier les entrées de bonnes dimensions, comme une fenêtre cassée ou laissée ouverte, par où ils pourront pénétrer aisément en vol, d’autres peuvent se satisfaire de minuscules ouvertures, pourvu qu’ils puissent quand même y passer eux aussi en vol (petit rhinolophe). D’autres encore n’ont pas peur de carrément ramper pour se faufiler par dessus une porte, ou dans une fissure, comme les oreillards, les pipistrelles ou les sérotines. A noter qu’une cheminée désaffectée, un puits de lumière donnant sur un sous-sol, par exemple, ou un quelconque conduit vertical d’au moins 25 à 30cm de diamètre même s’il est plutôt long, peut convenir aux rhinolophes (notamment les petits rhinolophes), seuls chiroptères capables de pratiquer un vol vertical.

Un autre critère est le confort thermique du bâti : les sérotines vont par exemple favoriser les combles très chaudes en été, d’autres vont au contraire préférer des températures plus modérées, quitte à changer régulièrement d’abri diurne au gré des conditions météo. En cas de fortes chaleurs occasionnelles, des colonies peuvent ainsi quitter brusquement un bâtiment au profit d’un autre plus frais, ou simplement migrer des combles d’un grenier pour aller s’installer à un étage inférieur plus tempéré… A noter que ce principe de variété de gîtes au sein d’un même bâtiment peut être un critère de sélection pour certaines espèces (petits rhinolophes). Ce type de comportement quasi migratoire peut aussi être propre à certaines espèces particulièrement farouches et méfiantes : les colonies de barbastelles, par exemple, changent très régulièrement d’abri avec leurs petits durant l’été pour éviter tout simplement de se faire repérer par les prédateurs. Les chauves-souris ont toutefois en commun une préférence assez nette pour des gites aux températures et à l’hygrométrie stables (peu d’amplitude jour / nuit). Cette stabilité est d’ailleurs particulièrement importante en hiver, durant l’hibernation, la plupart des chauves-souris ayant besoin d’un gîte froid et humide dont les conditions varient aussi peu que possible. Il y va tout simplement de leur survie…

La luminosité ambiante joue aussi un rôle : les petits rhinolophes, mais aussi et surtout les murins à oreilles échancrées, peuvent par exemple se satisfaire d’un gîte plutôt lumineux, tandis que d’autres espèces vont privilégier un bâti bien sombre.

Les espèces les plus courantes sont fissuricoles, c'est à dire qu'elles cherchent à se dissimuler dans le moindre trou,la moindre anfractuosité, à l'image des pipistrelles dans un linteau de porte de grange.

Les espèces les plus courantes sont fissuricoles, c’est à dire qu’elles cherchent à se dissimuler dans le moindre trou,la moindre anfractuosité, à l’image de ces pipistrelles dans un linteau de porte de grange.

Les « micro-habitats » disponibles au sein d’un bâti sont aussi importants que le bâti en lui-même : certaines espèces gîtent à découvert, en pendant d’un support, comme les grands murins ou les rhinolophes, tandis que d’autres vont systématiquement chercher des anfractuosités pour se dissimuler, comme les barbastelles, les pipistrelles, les sérotines… Dans la continuité de ce critère, on pourrait aussi parler de la taille du bâti d’une façon générale : les grands murins et les sérotines préfèrent par exemple largement les grandes combles spacieuses, a contrario de la plupart des autres espèces qui peuvent se satisfaire de bâtiments d’un volume plus modeste.

Si la plupart des espèces s’accommodent plutôt bien du dérangement pourvu qu’elles ne le ressentent pas comme une « agression », un certain nombre de chauves-souris recherchent avant tout le calme et la sécurité d’un gîte où personne ne met jamais les pieds. C’est notamment le cas des fameuses espèces qui pendent à leur support comme décrit plus haut, par opposition aux espèces dites fissuricoles. Derniers critères : la force de l’habitude. Beaucoup de colonies s’installent été après été exactement aux même endroits, et ce même si les conditions environnantes ont évolué au point de ne plus comprendre ce qui les motivent à encore venir là… Il va sans dire que cela a quand même certaines limites !

crottes

Les crottes des grandes espèces comme les sérotines ont une texture rugueuse et sont très friables. On y devine facilement les restes non digérés de leurs proies. Elles peuvent avoir une couleur tantôt brune (murins, rhinolophes), tantôt noire « cendrée » (sérotines). Dans le cas des sérotines elles mesures 3 à 4mm de large et entre 5 et 11mm de long.
Les espèces moyennes produisent quant à elles des crottes d’environ 2mm de large par 10mm de long. Celles des barbastelles sont plutôt couleur chocolat et très friables.
Les crottes des petites espèces comme les pipistrelles mesurent 1 à 1,5mm de large par 4 à 8mm de long. Elles ont un aspect plus lisse et sont souvent bien sombres.
Les crottes de chauves souris sont très friables entre les doigts contrairement à celles bien plus dures des petits rongeurs auxquelles elles ressemblent parfois.

Les chauves-souris laissent souvent derrière elles des indices quant à leur présence, voire même leur simple passage temporaire en cours de nuit, sous forme de guano plus ou moins éparse au sol selon la quantité d’animaux et la régularité de leur présence à un endroit donné. Ces crottes prennent la plupart du temps la forme de grains de riz plus ou moins gros et réguliers selon l’espèce. Elles ressemblent fortement à des crottes de souris, si ce n’est qu’elles sont très friables entre les doigts, contrairement à celles de souris qui restent bien dures et compactes. On pourra aussi parfois trouver des « restes de repas » : les oreillards laissent par exemple souvent tomber juste sous leur perchoir des ailes de papillons (notamment de paons de jour), les grands rhinolophes ou les grands murins des carapaces de coléoptères décortiqués, notamment des bousiers et des hannetons pour les premiers, et des carabes pour les deuxièmes. Il va sans dire que de telles traces ne se trouvent pas en hiver, puisque les animaux sont en complète léthargie…

Passons maintenant en revue les différents types de bâti, et les endroits que les chauves-souris vont privilégier dans chacun d’eux.

Les combles des églises sont parmi les lieux les plus favorables aux chauves-souris.

Les combles des églises, à l’instar de celles des châteaux et des grandes demeures nobles, sont parmi les lieux les plus favorables aux chauves-souris.

Le bâti ancien : châteaux, logis, manoirs, vieilles demeures, mais aussi églises, chapelles…

Ces bâtiments sont souvent caractérisés par la présence de grandes combles spacieuses, sombres, et souvent très chaudes. Pourvu que celles-ci soient bien tranquilles et accessibles, elles représentent des gîtes absolument exceptionnels pour les chauves-souris à la belle saison, et notamment pour les espèces les plus rares, exigeantes, et fragiles (grands murins, rhinolophes). En hiver, les animaux vont plutôt privilégier les souterrains ou les caves (à vins) lorsqu’il y en a et qu’ils sont eux aussi bien sûr un minimum accessibles depuis l’extérieur.

Il peut toutefois arriver que certains sous-sol / souterrains soient aménagés (c’est souvent là que se trouve la chaufferie par exemple dans les châteaux et les manoirs) et notamment isolés (isolation du rez de chaussé par le sol). Du coup, il ne conviendront plus à l’hibernation des animaux, les températures y étant souvent trop douces en hiver. Par contre les colonies ne manqueront pas d’en profiter en été si elles en trouvent l’accès !

L’arrière des volets, dès l’instant ou ceux-ci ne sont jamais fermés, peuvent eux aussi parfaitement abriter des animaux en été (murins à moustaches, pipistrelles, oreillards, barbastelles).

Si le ravalement effectué sur l’édifice le permet encore, la moindre anfractuosité ou fissure un peu profonde et supérieure à 1cm de large peut abriter des animaux, que ce soit à la belle saison ou en hiver.

Les habitations traditionnelles et les rénovations « à l’ancienne ».

Il s’agit des vieux corps de ferme, des vieilles maisons d’antan rénovées ou non, pourvu qu’elles aient gardé leur cachet d’origine (pierres apparentes par exemple). Les chauves-souris peuvent se trouver dans la moindre anfractuosité entre les pierres des façades, derrière les volets, ou dans les greniers si elles ont un accès qui leur permet d’y rentrer (les maçonneries de jadis étant ce qu’elles étaient, l’isolation n’étant qui plus est pas une « science exacte » à l’époque, il est bien rare qu’il n’y ait pas moyen de se faufiler…)

Les chauves-souris peuvent aussi se trouver sous les rives des toitures qui leur permettent souvent d’accéder sous les tuiles, parfois jusqu’à profond entre l’isolant et la couverture… C’est souvent par là qu’elles se faufilent et qu’elles peuvent se mettre à coloniser une cloison dans certaines maisons. Même chose pour les rebords de balcon où souvent la couverture laisse de petits passages. Les tuiles faitières peuvent elles aussi parfaitement leur convenir.

Une vieille maison traditionnelle de Vendée, en pierre apparente et regorgeant de chauves-souris dans son pignon !

Une vieille maison traditionnelle de Vendée, en pierre apparente et regorgeant de chauves-souris dans son pignon !

A noter que les chauves-souris vont, si elles en ont le choix, privilégier plus facilement les maisons couvertes en ardoises plutôt que celles en tuiles, moins propices à réchauffer les combles et les greniers.

Dernier endroit des vieilles maisons, mais non des moindres, où les chauves-souris adorent s’installer : les poutres formant linteau au dessus des ouvertures. Avec les volets, ce sont les endroits que préfèrent les espèces fissuricoles. A l’exception des rives de toiture, des greniers, et des volets, la plupart de ces gites peuvent convenir pour l’hibernation des chauves-souris les plus courantes (oreillards, pipistrelles), à condition toutefois qu’ils soient bien protégés des éléments (vents dominants et vents les plus froids).

Les habitations modernes et les rénovations « contemporaines ».

L’invention du crépi et du béton ont été de vraies malédictions pour les chauves-souris, les privant d’un grand nombre de refuges… Cela ne veux toutefois pas dire qu’elles ne profitent pas des quelques opportunités qui leur restent : les volets, encore et toujours eux, mais aussi les coffrages de volets roulants. Sur les bâtiments collectifs (immeubles), elles peuvent profiter des éventuels joints de dilatation des façades, comme de la moindre « originalité » d’architecture formant un renfoncement étroit et obscure, où que cela soit ! Même s’il est peu probable d’y trouver là une colonie, il est parfaitement possible que quelques animaux isolés ou en tout petits groupes prennent l’habitude de se cacher le jour dans les replis d’un simple parasol, sur un balcon, ou d’une tenture roulée au dessus d’une terrasse. Les jonctions un peu « lâches » entre deux lattes de bois d’une pergola peuvent aussi révéler des surprises, tout comme les carter d’éclairages extérieurs laissant un léger passage contre le mur…

Comme évoqué plus haut, certaines rives de toiture peuvent elles aussi permettre aux animaux de se faufiler et de s’installer dans un grenier, voire parfois une cloison. Pas de panique ! Prenez les choses de façon philosophe et constructive, et dites vous surtout que si des chauves-souris arrivent à se faufiler au point de constituer une colonie dans la cloison d’un mur d’une maison moderne (a fortiori quand elle est récente), c’est que votre habitation souffre avant tout d’un sérieux problème d’isolation ! Vous rêviez d’un diagnostique thermique ? Les chauves-souris vous l’offrent gratuitement !

Il est aussi possible d’en trouver derrière les bardages de façades en bois, dans l’espace laissé vide entre les pare-pluies et les lattes. Pas d’inquiétude là non plus : les chauves-souris n’y créeront absolument aucun dégât.

Il ne s’agit que de sites d’été. Peu voire pas de gîtes sur ce genre de bâti convenant aux chauves-souris en hiver (au mieux une cave, ou un recoin de garage, mais souvent les accès pour les animaux y sont rares, ce qui est une autre caractéristique de l’habitat moderne)

La partie supérieure de cette fenêtre de dépendance était jadis occultée par du grillage à poule. Libérées de ce piège, les chauves-souris ont recommencé petit à petit à coloniser les lieux. Ainsi que les hirondelles !

La partie supérieure de cette fenêtre de dépendance était jadis occultée par du grillage à poule. Libérées de cette entrave absolument inutile compte tenu de l’usage fait du lieu, les chauves-souris ont recommencé petit à petit à venir. Ainsi que les hirondelles !

Granges, dépendances, hangars.

Il peut s’agir de bâtis récents comme anciens, vastes comme de petite taille, quel que soit leur usage, avec une seule restriction : les charpentes en IPN qui ne sont pas propices du tout aux chauves-souris…. Dans le cas d’un bâtiment très ouvert sur l’extérieur, les chauves-souris vont se trouver quasi exclusivement dans les charpentes où elles profiteront de la moindre anfractuosité entre deux pièces en bois (poutres, mortaises, linteaux aux entrées).

Dans le cas d’un bâtiment plutôt fermé et sombre, en particulier s’il est peu dérangé par des allers et venues, les chauves-souris peuvent être absolument partout : dans la charpente que ce soit à découvert ou non selon l’espèce, à pendre d’un fil ou d’un clou dans un mur, sous des étagères même à ras de terre (petits rhinolophes), dans les replis d’une veste accrochée à un mur et oubliée là, derrière un panneau en bois, un coffrage, dans un éventuel faux plafond, etc. Les murs de ces bâtiments peuvent eux aussi héberger des animaux : le moindre éclat dans un parpaings ou la moindre fissure pouvant en effet permettre d’y pénétrer. Les cheminées arasées, les colonnes sèches, même étroites et longues, les fours (à briques, à pain, etc.) peuvent eux aussi accueillir des animaux. Même en hiver, certains endroits peuvent rester très favorables : mortaises, linteaux, recoins sombres et humides peu soumis aux éléments (courants d’air), sous un escalier, sous un faux plancher ou une estrade.

Dans ce genre de bâti, comme c’est aussi le cas malheureusement dans les églises, voire les château et logis, de nombreuses entrées favorables aux chauves-souris sont colmatées, en particulier avec du grillage hexagonal de petite taille (grillage à poule). Si ces grillages ont pour but d’éviter que les oiseaux ne rentrent, il s’agit aussi et surtout de pièges mortels pour les chauves-souris. Les animaux tentent de s’y faufiler mais y restent coincés une fois qu’un avant-bras à pu être passé : elle ne peuvent alors plus ni faire marche avant, ni marche arrière, et finissent par mourir ou de faim, ou d’épuisement.

A noter que les chauves-souris ne font pas bon ménage avec beaucoup d’oiseaux (étourneaux, pigeons, choucas, corneilles…) et en particulier avec les rapaces nocturnes. Il est ainsi très peu probable qu’une grange occupée par une chouette accueille en plus des chiroptères. D’autres animaux, en temps que prédateurs potentiels, limitent de la même façon la présence de chauves-souris, c’est le cas du lérot, des serpents (couleuvre verte et jaune, couleuvre d’esculape), et des mustélidés d’une façon générale (martre, fouine). Autre prédateur plus occasionnel mais capable d’énormes ravages : le chat.

Travaux, gros entretien, et rénovation. Quoi faire et quand le faire ?

Les chauves-souris sont des animaux strictement protégés, leur porter atteinte, à eux comme à leurs milieux de vie est donc totalement prohibé. Respecter cela imposera une certaine « gymnastique » avec le calendrier de façon à éviter absolument les destructions accidentelles : ne pas intervenir sur un endroit hébergeant une colonie de parturition entre juin et aout par exemple (charpente, rive de toiture, combles), ou sur un site d’hibernation entre décembre et avril (cave, sous sol, linteaux, façade en pierre apparente).

Si des animaux doivent malgré tout être évacués en prévision de travaux, il existe quelques solutions susceptibles d’être mises en oeuvre, même s’il sera impossible d’en garantir le succès à 100% (comme dit plus haut, certaines espèces peuvent se satisfaire de minuscule trous de souris pour se faufiler, des points de passage qu’il peut être très difficile d’identifier dans certains bâtiments). Mieux vaut par contre que ce genre de chose soit absolument piloté par une association naturaliste compétente comme expliqué au début de cet article.

La connaissance des population de chauves-souris en France est assez limitée dans le sens où beaucoup d'animaux gîtent chez des particuliers ou dans des bâtiments (publics ou autre) interdit d'accès. C'est pourquoi les naturalistes font régulièrement du porte à porte à la recherche d'animaux...

La connaissance des populations de chauves-souris en France reste assez limitée dans le sens où énormément de colonies et de gites d’hibernation se trouvent chez des particuliers ou dans des bâtiments (publics ou autre) interdits d’accès. C’est pourquoi les naturalistes font régulièrement du porte à porte et des appels à témoignages… SI ce genre de démarche vise à mieux connaître les chauves-souris, c’est aussi et surtout l’occasion de sensibiliser à leur égard (en rappeler la valeur patrimoniale, l’intérêt écologique) et de répondre à tout problème de cohabitation qui pourrait se poser.
Merci de faire bon accueil aux bénévoles qui pourraient frapper à votre porte, voire de carrément les contacter si vous savez déjà qu’il y a des chauves-souris chez vous.

En conclusion.

Les chauves-souris vivent au contact de l’homme depuis la nuit des temps, dans un esprit de cohabitation « gagnant gagnant » dont l’homme de jadis n’avait pas nécessairement conscience mais dont il profitait tout naturellement. Malheureusement, depuis un demi-siècle, ce dernier n’a eu de cesse de fermer la porte aux chiroptères : crépi, colmatage des ouvertures à la va vite et pas toujours à des endroits justifiés, éclairages publics en veux tu en voilà, tolérance pour le moins en berne vis à vis de dérangements somme toute très limités dans la très grande majorité des situations… Autant de distance qui s’est installée, et qui a finit presque par rendre comme « orphelines » ces petites bêtes dont l’intérêt est pourtant aujourd’hui bel et bien démontré. Si l’hébergement et la survie de leurs colonies estivales n’est déjà pas une mince affaire, que dire des gites d’hibernation qui disparaissent désormais comme peau de chagrin ?

Il existe pourtant, en plus d’un simple effort de tolérance, certaines solutions très simples à mettre à oeuvre, comme l’installation de chiroptières permettant aux chauves-souris -et que aux chauves-souris de part leur conception- d’accéder à des portions précises de bâtiments dont l’homme n’a pas de besoins particuliers, comme c’est le cas de nombreuses dépendances, mais aussi et surtout de combles. L’installation de simples nichoirs chez les particuliers n’est pas non plus un geste anodin… De petits gestes au coût totalement dérisoire, des démarches de bon sens, raisonnables, et surtout raisonnées, il n’en faudrait pas plus…

Un lien détaillant la conception de nichoirs à chauves-souris : http://www.dsne.org/Comment-construire-un-nichoir-a.html
Un site de vente en ligne de nichoirs, pour ceux qui ne seraient pas bricoleurs : http://www.nichoirs-schwegler.fr/les-chauves-souris_2_1231.html
Un document technique complet, mais malgré tout très accessible, à l’intention des collectivités locales ainsi que des propriétaires désireux de réaliser des aménagements dans leurs bâtiments (format pdf) : http://www.dsne.org/IMG/pdf/guide-technique-web.pdf

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